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Bonjour madame. Vous savez, aujourd'hui, j'ai coupé ma frange pour la première fois depuis six mois. Elle était longue ma frange quand j'ai décidé de la couper. Elle cachait mes yeux, mon nez, ma bouche, et s'arrêtait juste en dessous de mon menton. Le matin, je la retrouvais éparse sur l'oreiller, mêlée aux autres cheveux de ma tignasse négligée.
Ce matin, je me suis levée, je me suis regardée dans un miroir. J'ai vu mes cheveux un peu bouclés qui tombaient sur mes épaules en suivant la forme de mon cou, la marque de ma couette imprimée sur mon bras et la cicatrice sur mon front, au dessus de mon oeil droit. Cela faisait si longtemps que je ne l'avais pas vue, cette petite marque ronde de ma naïveté passée. On m'a dit qu'elle ne partira jamais, la blessure qui lui a donné naissance a été faite avec trop de mépris pour qu'elle puisse me faire ce cadeau.
C'est beau, le mépris. Cette indifférence envers l'existence des autres personnes, de leurs sentiments, de leur histoire, de leurs opinions. J'ai essayé de mépriser, moi aussi. J'ai commencé par mépriser ceux que je ne connaissais pas. Ils s'en fichaient, ils continuaient leur vie, et moi j'étais heureuse, parce que je n'étais pas si faible que ça étant donné que j'étais capable de mépriser. Puis, rapidement, je me suis mise à mépriser les personnes à qui j'adressais la parole le matin, au lycée, à mépriser leur opinion, leurs réactions, je ne les regardais même plus. Ils n'existaient plus. Je ne les aimais pas. Et puis, il est revenu, il m'a regardé, il m'a vu moi et mes cicatrices encore rouges sur mon front et ma nuque et me les a cachées de ses grandes mains blanches en me disant qu'ainsi personne ne les verrait. Mais il a menti. Ce n'était pas vrai. Et ce n'était pas le moment de de dire un putain de mensonge, c'est tout. Je m'en tape de ce qu'il pense, de ce qu'il fait de sa vie, de pourquoi il m'appelle quinze fois par jour après un blanc de plusieurs mois, ça n'est pas mon problème, ça n'est plus mon problème maintenant. Mon problème à moi, ce sont ces trucs blancs qui sont gravé dans ma peau, mon problème c'est cette fille qui habite près de chez moi et qui me les a faites sans s'en rendre compte, mon problème c'est que j'arrive à mépriser tout le monde mais pas elle. Et ça me tue, oui, ça me tue, car les autres n'ont rien fait eux, ils sont beaux, ils rient et veulent me voir vivre avec eux, mais je ne le peux pas parce que je les méprise même si maintenant je ne le veux plus. J'ai l'habitude de les regarder sans les voir maintenant. La seule que je vois, c'est elle, qui a fait sa vie, et j'ai beau me dire que je l'ai bien mieux réussie qu'elle, quand je la vois, j'ai envie qu'elle vienne me dire pourquoi. Seulement, pourquoi. Mais cette fille ne sait pas parler, sa mère ne le lui a jamais appris. Elle meugle. Ses rires gras soulèvent sa poitrine hideuse cachée par son tee-shirt quand elle parle. Et le pire, c'est que quand elle parle de moi, ses mots ne m'atteignent pas. Ils sont comme des couteaux, ils se plantent dans mon dos mais je ne m'en rends compte que lorsque celle qui me les lance disparaît de ma vue. Madame, vous êtes si belle, vous êtes si sage, ne partez pas ainsi je vous en supplie, n'ayez pas peur d'une inconnue qui vous raconte ses pensées.

# Enviado el martes 11 de agosto de 2009 08:25

Modificado el domingo 16 de agosto de 2009 10:26

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Madame, si je vous ai suivie jusqu'à votre maison, c'est parce que vous m'inspirez confiance. Votre physionomie m'est très sympathique, vous savez. J'aimerais écraser mon visage contre votre poitrine gonflée d'amour et me vider d'un peu de ma peine en pleurant. Mais je n'en ai pas le droit, après tout nous ne nous connaissons pas, cela paraîtrait étrange à vos murs remplis de photos de famille.
J'ai eu une famille à un moment. Une vraie famille, avec un père, une mère, des s½urs, des oncles, des tantes et des cousins, pendant une courte seconde j'ai pensé que j'avais tout, mais l'instant d'après je n'avais plus rien. Déjà, les liens se déserraient, les oncles et tantes se disputaient, le père s'enlisait dans ses problèmes, la mère partait avec ses enfants sous le bras. De toute ma grande famille, il ne restait que quatre faibles petites personnes qui tremblaient devant un avenir trop incertain. De tout ce que j'avais, il ne me restait que le coin de ma robe pour sécher mes larmes. Mais j'ai arrêté de pleurer et continué à voir le temps passer. J'ai grandi sans vraiment connaître les gens autour de moi, sans me soucier de mon apparence physique jusqu'à mon premier amoureux. J'avais neuf ans et demi, il en avait onze, il était blond avec des yeux clairs; je le regardais tous les après-midi jouer avec ses amis mais lui ne savait pas que j'existais. Alors j'ai laissé pousser mes cheveux, j'ai commencé à me maquiller et à m'habiller comme les autres filles de l'école, et j'ai continué jusqu'à ce qu'on me présente ce garçon dont j'ignorais jusqu'au nom. Il m'a alors dit qu'il s'appelait Maximilien, et qu'il me trouvait belle. Le mot a fait rire les personnes autour de nous, moi, j'ai simplement relevé la tête. Je ne pensais même pas à le remercier, je restais seulement là, plantée comme un piquet devant son sourire magnifique et ses cheveux trop blonds. J'avais enfin eu ce que je voulais de lui, j'étais libre de partir et de continuer à faire semblant de vivre, mais à cet instant précis j'avais décidé ce que j'allais faire. J'allais faire les grands travaux, j'avais déjà établi les plans, acheté les sacs de ciment, les briques et la colle, j'avais décidé de construire une maison dans ma vie pour y installer Maximilien. Mais voilà, j'étais trop jeune et trop bête, j'avais pensé que ça pouvait marcher. Ma maison était très grande, très jolie avec ses marches en pierre, il n'y avait qu'une seule pièce dedans mais on aurait pu y vivre pour toujours tellement elle était belle. Mais des grandes personnes que je ne connaissais pas encore sont arrivées et m'ont serrée dans leurs bras pour que je ne m'échappe pas, et d'autres ont détruit la maison avec leurs mains. Ils prenaient les briques une par une pour les lancer loin, très loin, ils ont cassé les fenêtres, détruit le parquet, brûlé les meubles, et n'ont laissé de ma belle maison que les pathétiques marches en pierre. Ce jour-là, les grandes personnes avaient décidé à ma place de ce qu'il y a et aura dans ma vie. Il y aura dedans tout ce que je veux, sauf Maximilien. Madame, vous m'avez dit de m'en aller, vous m'avez montrée tout à l'heure la sortie de votre maison sans me dire un mot de plus mais je sais que votre oreille est collée derrière la porte depuis le début et qu'elle a tout entendu.

Sparklehorse_ Homecoming Queen

# Enviado el domingo 30 de agosto de 2009 11:53

Modificado el domingo 30 de agosto de 2009 13:44

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Madame, cette fois-ci c'est vous qui m'avez suivie. Vous m'avez aperçue au coin de la rue Victor Hugo, et vous n'avez pas pu détacher depuis votre regard de ma silhouette qui marche, marche, sans jamais sembler vouloir s'arrêter. Je vous sens derrière mes talons comme je sens mon ombre collée au goudron sale de la rue.
Mais, Madame, vous ne savez pas plus que moi l'endroit vers lequel nous nous dirigeons. Pour ma part, je pense que mes pas me mènent vers le jardin botanique, celui avec les flamands gris et l'ours pelé qui pleure au fond de sa cage. Je pense aussi que vous vous foutez pas mal d'où nous allons. Vous me suivez pour assouvir votre curiosité qui n'a aucun motif précis, vous voulez juste savoir davantage de moi que ce que je vous ai dit parce que vous avez la désagréable impression de m'avoir connue puis oubliée. Et je pense à vous, Madame, je pense à votre petite fille qui vous attend à la sortie de l'école pendant que vous perdez votre temps à fixer mon dos. Je pense aussi à mon sac que j'ai déchiré tout à l'heure en faisant l'imbécile devant le nouvel album d'Antony & the Johnsons, je pense au blond aux yeux bleus qui m'a retenue par les hanches alors que j'étais en train de tomber des escaliers, je pense à Maximilien qui m'a laissé un message sur ma boîte vocale pour me dire qu'il m'aimait encore, je pense aux gens que j'aurais pu aimer, je pense au type à qui je parle sur msn et qui lui aussi connaît les Soft Machine, je pense à tout tandis que vous ne pensez à rien, Madame. Si je vous demandais votre nom, vous ne sauriez même pas me répondre, c'est votre air stupide et hébété qui me le dit.
Quelqu'un a crié mon nom dans la rue. Vous avez tourné la tête vers l'énergumène indiscret qui se dirige maintenant vers moi, un paquet de feuilles noircies à la main, un stylo dans l'autre et un sourire de chimpanzé collé à la figure, vous le regardez, lui, ce Pierre je crois bien, qui bien qu'à trente mètres de moi me hurle qu'il a enfin fini l'exercice de chimie organique et qu'il aimerait bien comparer ses réponses aux miennes. Il est bête, Pierre. Il a une verve incroyable, une intelligence hors normes et des facilités littéraires déconcertantes mais je ne peux pas m'empêcher de le trouver bête tant il est fier de ses prétendues facultés mentales. Parfois, j'aimerais lui ouvrir le crâne pour lui montrer qu'il n'y a aucune intelligence dedans, que toute la réussite d'un homme est basée sur sa méthode et sa persévérance mais sûrement pas dans sa passion ni son orgueil. Un jour, Pierre s'en rendra compte, et ce jour là il sera seul. Tout seul, comme moi je l'ai été. Mais Madame, je ne vous vois plus, vous êtes sans doute partie chercher votre fille à l'école, une demi-heure après la fin de ses cours. Et moi, Madame, je m'en vais chez Pierre lui montrer qu'il est aussi nul dans ses relations humaines qu'en chimie organique.

# Enviado el domingo 13 de septiembre de 2009 16:08

Modificado el jueves 05 de noviembre de 2009 18:04

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Según tu punto de vista, yo soy la mala. Vampiresa en tu novela, Ha ! La gran tirana.
Je suis assise contre la fenêtre du bus, à côté d'un type à moitié mort et d'un adolescent aux cheveux trop longs. Madame, vous êtes en face de moi, je vous vois debout devant l'arrêt de bus qui mène à la direction opposée à la mienne. Avant de vous voir, je pensais un peu. A Paul qui est parti, à Alex à qui je n'ai plus le temps de parler, à Maximilien qui me fait un sourire, à la femme du peuple qui chante dans mes oreilles comme si sa vie en dépendait, comme si ça allait la rendre belle. La question du jour, me me la suis posée devant mon miroir ce matin : est-ce que je suis belle, Madame ? Je ne sais pas trop. J'aimerais avoir une peau lisse comme les filles des pancartes publicitaires, j'aimerais avoir des kilos en moins, j'aimerais avoir des cheveux qui ne frisent pas sous la pluie et des dents juste un peu plus en arrière. Mais je ne sais pas si je serais belle si j'avais tout ça.
Maximilien m'a toujours trouvée belle, belle avec mon appareil dentaire, belle avec mes cheveux trop courts, belle avec mes kilos en trop, belle tout simplement. Et quand je l'entendais me dire ça, j'avais l'impression que j'étais tout pour lui. Ce regard qui m'enveloppais, c'était encore mieux que ce que tout ce que je pouvais imaginer... Vous savez, Madame, ce genre de choses ne se raconte pas, et quand bien même que j'en aurais le pouvoir que vous ne le comprendriez pas. Vous, Madame, vous êtes pleine, vous êtes solide, et vous êtes seule comme des tas de gens sur cette terre, alors que moi, quand j'étais en face de Maximilien et qu'il posait ses yeux sur moi, je me sentais vide et fluide, et j'attendais que ses mains me disent que j'étais bien là en face de lui, et que je n'étais pas seule.
Je ne suis pas comme vous, Madame, qui faites semblant de ne pas m'avoir vue appuyée contre la vitre de mon bus. Vous vous dites que vous vous suffisez à vous même, et moi aussi je me suis longtemps dit la même chose, mais ce matin devant mon miroir, quand je me suis demandée si j'étais belle, j'ai réalisé que j'avais besoin de Maximilien et de ses caresses, besoin d'entendre sa voix chaude me raconter une histoire que je n'écouterais pas de toute façon tant ses lèvres me subjuguent à longueur de journée, besoin de voir ses prunelles me fixer avec ce qui me plaît d'appeler de l'amour, et de sentir la nuit tomber sur moi quand il ferme les yeux. Vous, Madame, vous vous croyez belle et unique sans que personne ne vous le dise, vous pensez sans doute tout savoir de tout et de vous-même, mais vous ne savez pas qu'en fait la terre est plate et que les hommes savent voler. Vous êtes aussi dure qu'une règle en acier et aussi sèche que les morceaux de bois qui crissent sous les pieds des enfants dans la cour de récréation. Vous aimeriez me dire que je divague, que j'ai mal dormi, que j'écoute trop de chansons d'amour, mais non, vous ne me dites rien parce que qu'au fond vous savez que j'ai raison. Madame, vous ne vivez pas, en réalité vous êtes morte depuis le jour où vous avez décidé d'oublier ce que c'est que d'être aimée.

La Lupe_ La Tirana.

# Enviado el sábado 03 de octubre de 2009 16:59

Modificado el domingo 04 de octubre de 2009 07:59

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Aujourd'hui Madame, je ne vous parlerai pas. Je ne ferai pas comme hier dans le bus, je ne répondrai pas à vos questions posées par politesse, je ne vous saluerai pas, je me tairai.
Depuis quand n'avez-vous pas écouté de silence, Madame ? Dans votre bureau, les gens se parlent, les objets bougent, les chaussures à talons claquent contre le sol. Chez vous, vos filles tapent contre les murs quand vous refusez de leur acheter des bonbons, le plafond gémit quand elles sautent sur leur lit, la porte claque quand les jumeaux reviennent de l'université. Mais vous vous êtes habituée à ce bruit qui vous suit jusque dans vos rêves, c'est justement l'absence de bruit qui vous rendrait sourde. Pour moi c'est l'inverse étant donné que je suis comme tout le monde. Mes mots sont faits de silence. Quand je parle, c'est du néant qui sort de ma gorge. Quand Maximilien me prend les mains et qu'il m'embrasse, il étouffe dans sa bouche tous les gens autour de nous, il nous enveloppe d'un brouillard épais qui s'en va quand ses bras me lâchent. Pendant quelques secondes, j'ai juste l'impression d'être avec lui.
Maximilien est la seule personne avec qui j'ai vraiment été, les autres ne sont que des ombres, un avant-goût de ce que je ressens avec lui. Je parle beaucoup de Maximilien, n'est-ce pas. Vous vous dites : Maximilien est son dieu, Maximilien est ce pour quoi elle vit, Maximilien hante ses pensées, Maximilien l'a maudite. Mais Maximilien n'est pas seulement ça. Il est aussi la seule personne à avoir réussi à me faire autant de mal en si peu de temps. Quand j'étais petite, je me croyais invincible, je croyais que les larmes signifiaient qu'on avait peur et que par conséquent il ne fallait pas pleurer ou alors se cacher sous la couette pour le faire, je voulais devenir grande et montrer aux gens que je suis plus forte qu'eux. Vous vous souvenez de l'histoire de ma maison, ma belle maison rien que pour lui, que les gens dont vous faites partie avaient piétiné ? Maximilien m'en a construite une autre, autre part, mais c'est une maison où ce n'est plus moi qui domine mais où je subis les jalousies qui ne veulent rien dire, les pensées amorphes inutiles qui viennent sans qu'on leur demande quoi que ce soit et qui s'installent comme des métastases dans le bide d'une vieille femme aigrie par l'attente. Je subis. Maximilien n'est pas si gentil, vous voyez. Vous ne le savez peut-être pas, mais moi, je sais que Maximilien n'est pas tout à fait ce que je dis, qu'il est autre chose d'un peu plus laid et d'un peu plus beau à la fois.
J'ai changé. J'ai grandi, j'ai vieilli, enfin je sais pas, je ne suis plus comme avant. Avant, j'aurais nié l'évidence, j'aurais dit à Maximilien d'aller se faire voir, je n'aurais même pas eu l'idée d'accepter de lui reparler après notre pseudo-rupture, j'aurais continué ma vie et pris sans doute trente kilos. La seule différence avec l' "avant", c'est que je m'en fous de ce que j'étais avant, de ce que je serai, de comment je suis. Vous pouvez faire tout ce que vous voulez, moi je sais que vous êtes dingues, que vous ne pensez à rien, que vous aussi vous vous en foutez, et je suis soulagée de voir que je suis comme vous. Je regrette juste de ne pas m'en être rendue compte plus tôt, ça m'aurait évité de faire la conne sur les quais il y a deux ans.

Pete and the Pirates_ Mr Understanding

# Enviado el lunes 26 de octubre de 2009 20:55

Modificado el martes 27 de octubre de 2009 15:10

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Vous savez, 'I Gotta Feeling' de Black Eyed Peas permet au moins d'apprendre tous les jours de la semaine dans l'ordre en anglais.

# Enviado el lunes 02 de noviembre de 2009 18:09

Modificado el jueves 05 de noviembre de 2009 14:57

ih.///////////



Je retourne sur l-verticals-l

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# Enviado el domingo 08 de noviembre de 2009 14:26